Le mal-être des jeunes

"Pourquoi cette vie ?" Le mal-être des jeunes - association laVita
Par laVita, le 23 janvier 2016

Pourquoi des jeunes gens sont-ils si désespérés, au point de vouloir en finir ? Pour concevoir les bonnes mesures de prises en charge, il est nécessaire de comprendre les raisons intimes et profondes de ce "meurtre de soi-même". 

L’adolescence est marquée par de profonds bouleversements physiques et psychologiques. Chez les jeunes les plus vulnérables, une dépression grave peut s’installer, jusqu’à l’acte irréparable qu’ils considèrent alors comme la seule façon de mettre un terme à une souffrance existentielle insupportable. Ils recherchent l’apaisement que seule la mort, selon eux, semble pouvoir leur apporter.

Le jeune qui échappe à la mort, dira fréquemment qu’il n’a pas voulu mourir mais qu’il n’en pouvait plus. De quoi ? Il ne le sait pas très bien. Comme l’écrit Xavier Pommereau, "de l’image qu’il a de lui-même, de son corps, de sa vie qu’il ne maîtrise pas et qui lui apparaît plombée, comme si le passage à l’acte le libérerait de cette vie qu’il ne peut plus supporter". Ados en vrille, mères en vrac, Albin Michel, janvier 2010

"Si je me tue, ce n’est pas pour me détruire, mais pour me reconstituer" Antonin Artaud - Le Pèse-Nerfs

Dans le passage à l’acte, le jeune recherche un changement d’état. Pris dans l’impasse du processus suicidaire, il a le sentiment de ne pas être aimé. Il accumule les frustrations et se dévalorise. 

Les proches, l'environnement de proximité

Chaque année des milliers de familles connaissent le drame de la tentative ou du suicide de leur adolescent, sans compter les prises de risques inconsidérées dont beaucoup relèvent de conduites suicidaires. Les proches, les amis, les témoins
sont anéantis.

"Tout suicide est une tragédie. Cet acte désespéré a un impact sur tout un environnement, toute une communauté et est profondément dévastateur, y compris longtemps après la perte de l’être cher. Le suicide ne figure que très rarement au rang des priorités en matière de santé publique. Malgré des avancées certaines dans la recherche et les connaissances en matière de suicide et de prévention du suicide, le tabou et la stigmatisation qui lui sont associés perdurent. Les personnes  concernées sont souvent laissées à l’écart ou demandent rarement de l’aide et celles qui cherchent de l’aide sont confrontées à de nombreux systèmes et services de santé incapables de proposer une assistance efficace et opportune." Dr Margaret Chan - DG de l’OMS (Rapport "Prévention du suicide : l’état d’urgence mondial 2014")

Quand faut-il s'inquiéter ?

Un adolescent est en réelle souffrance lorsqu’il modifie ses comportements dans différents domaines : il refuse de s’alimenter, dort mal ou peu, se néglige, maltraite son corps, se replie sur lui-même ou se montre agressif, sort beaucoup ou ne voit plus du tout ses copains, ne répond plus au téléphone, désinvestit l’école... L’accumulation de problèmes (émotionnels, comportementaux, cognitifs) constitue le symptôme qui doit alerter l’entourage. La tentative de suicide (TS) chez l’adolescent ne survient pas comme un coup de tonnerre dans un ciel serein, mais souvent à la suite d’un stress grave, entraînant un déséquilibre psychique important et durable et après plusieurs vaines tentatives pour résoudre le problème.

Toute personne qui fait une tentative risque de reproduire son geste dans plus de 30% des cas et dans les 3 à 6 mois après le premier passage à l’acte. L’issue de cette tentative réitérée est souvent fatale. Aussi, les systèmes de veille préconisés dans les services des urgences (notamment par le Pr. Vaiva à Lille) après une tentative de suicide (TS) sont indispensables.