Interview – Morgann GBOLOU, combattant de MMA et ambassadeur de laVita

À l’occasion de son engagement en tant qu’ambassadeur de laVita, Morgann Gbolou a accepté de livrer un témoignage personnel sur son parcours de combattant pro de MMA et sur ce que les sports de haut niveau lui ont appris, dans sa pratique sportive comme dans sa vie personnelle.

À travers son expérience, il revient sur la discipline, les périodes de doute, l’importance de l’entourage professionnel et la nécessité d’un accompagnement psychologique structuré. Un regard lucide et sans détour, destiné à rappeler aux jeunes que la force ne consiste pas à tout affronter seul, mais à savoir se faire accompagner au bon moment.

laVita : Morgann, comment te présenterais-tu aujourd’hui ?

Morgann : Je suis combattant de MMA, mais surtout quelqu’un qui avance dans la vie avec discipline. J’ai toujours eu besoin de me confronter à des situations exigeantes pour progresser, apprendre sur moi, et trouver un cadre. Le sport m’a structuré, autant mentalement que physiquement.


Tu n’es pas entré dans le MMA par fascination pour la violence. Qu’est-ce qui t’a attiré ?

Morgann : C’était surtout une curiosité profonde. Je voulais comprendre ce qui se joue dans la confrontation, ce qui pousse deux personnes à se dépasser dans un cadre aussi intense. En réalité, le MMA m’a appris le contrôle, la lucidité, et le respect de l’autre bien plus que l’agressivité.


Tu évoques souvent l’importance de savoir dire non. Pourquoi c’est essentiel, selon toi ?

Morgann : Parce que la vraie force, ce n’est pas d’aller au bout coûte que coûte. C’est de savoir se protéger. J’ai connu des préparations très compliquées où j’aurais dû m’arrêter. Aujourd’hui, je sais que le professionnalisme, c’est aussi écouter les signaux, physiques et mentaux, avant qu’il ne soit trop tard.


Tu as traversé une période très difficile après le Covid, avec un corps qui ne répondait plus. Qu’est-ce que ça a provoqué chez toi ?

Morgann : Ça a été un choc. Quand ton corps te lâche, tout ton équilibre est remis en question. Je me suis vraiment demandé si c’était la fin. Ce genre de période t’oblige à ralentir, à faire preuve d’humilité, et surtout à accepter que tu ne peux pas tout gérer seul.


Tu racontes un moment très marquant : une reprise difficile, 20 minutes de tapis, et les larmes. Pourquoi ce souvenir est si important ?

Morgann : Parce que ce n’était pas une performance, c’était un signal. Ça voulait dire que quelque chose revenait, doucement. Ce jour-là, j’ai compris qu’il fallait reconstruire étape par étape, sans brûler les étapes. Et que le mental a besoin autant d’attention que le corps.

En tant que combattant, tu as l’habitude de travailler avec des coachs, des préparateurs, des médecins. En quoi ça résonne avec l’action de laVita ?

Morgann : Dans le sport de haut niveau, personne ne progresse seul. Il y a toujours un cadre, des professionnels, un suivi. Pour la santé mentale, c’est exactement la même chose. Ce que fait laVita est essentiel : proposer un véritable parcours de soin, avec des professionnels, à des jeunes qui en ont besoin à un moment clé de leur vie.


Pourquoi avoir accepté de devenir ambassadeur de laVita ?

Morgann : Parce que je sais ce que c’est que de traverser des périodes de doute, de fatigue mentale, de perte de repères. Et je sais aussi qu’avoir un cadre, des professionnels, et des adultes de confiance peut tout changer. Si mon parcours peut aider à dédramatiser le fait d’entrer dans un suivi, alors c’est important pour moi de m’engager.


Que peut apporter ton expérience de combattant à des jeunes en détresse psychique ?

Morgann : Le message principal, c’est que la difficulté ne définit pas une personne. Dans le sport, on apprend à tomber, à analyser, à revenir autrement. Les jeunes peuvent comprendre qu’un accompagnement n’est pas un échec, mais une étape pour se renforcer, se comprendre et avancer avec des outils concrets.


Quel message aimerais-tu transmettre aux jeunes de 13 à 25 ans accompagnés par laVita ?

Morgann : Que demander de l’aide est une décision courageuse. Se faire accompagner par des professionnels, c’est se donner une chance réelle d’aller mieux. Personne n’est censé traverser seul des périodes aussi lourdes.


Et à ceux qui hésitent à soutenir laVita ?

Morgann : Un don, c’est très concret. Ça permet à des jeunes d’avoir accès à un accompagnement, à des soins, à un cadre sécurisé. Si on peut aider quelqu’un à retrouver de la stabilité à un moment critique, alors ça a énormément de valeur.

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