Santé mentale : Pourquoi les jeunes vont-ils si mal aujourd’hui ?

Santé mentale des jeunes : comprendre pourquoi une génération en apparence connectée se sent de plus en plus fragile, entre anxiété, perte de repères et besoin d’aide psychologique — Illustration Konbi pour laVita

Jamais on n’a autant parlé de santé mentale, et jamais les jeunes ne se sont sentis aussi fragiles. Les chiffres sont alarmants : anxiété, dépression, idées suicidaires, troubles alimentaires, isolement… Les signaux de détresse se multiplient, souvent dans le silence. Mais que se passe-t-il réellement ? Pourquoi cette génération, pourtant ultra-connectée, informée et théoriquement entourée, donne-t-elle le sentiment d’aller si mal ? Derrière les écrans et les discours, c’est une véritable crise du lien et du sens qui se dessine, révélant un besoin urgent d’aide psychologique, d’écoute et de présence humaine.


Des repères fragilisés

Les jeunes grandissent dans un monde où tout change vite : les familles se recomposent, les adultes manquent de temps, et les repères d’hier (école, religion, engagement collectif) se sont affaiblis.

Résultat : beaucoup se sentent livrés à eux-mêmes, sans figure stable à qui se confier ni cadre clair pour se construire. Ils ont besoin d’adultes solides, pas parfaits, mais présents.

Le miroir déformant des réseaux sociaux

Les réseaux sont devenus leur principal espace d’expression, mais aussi de comparaison. On y voit les autres heureux, beaux, productifs… et soi, on se sent à côté. Les “likes” deviennent une mesure de valeur personnelle, les photos retouchées remplacent le réel, et la peur de ne pas être “assez” s’installe. Beaucoup de jeunes vivent sous pression, dans une compétition invisible et épuisante.

Un monde perçu comme instable et anxiogène

Crise climatique, guerre, pandémie, inflation, solitude : tout concourt à un sentiment d’instabilité. Comment se projeter quand on entend chaque jour que « tout va mal » ? Cette génération n’a pas grandi dans l’idée que « demain ira mieux ». Elle cherche du sens, de la cohérence, un avenir qui donne envie.

Des émotions mal accompagnées

Dans beaucoup de familles et d’écoles, on parle encore peu des émotions. Or, les jeunes vivent une tempête intérieure : ils doutent, ils s’inquiètent, ils se comparent, ils culpabilisent. Faute d’écoute ou de mots, la souffrance se transforme parfois en colère, en anxiété, en replis ou en scarifications. Apprendre à exprimer ce qu’on ressent, est devenu un enjeu majeur de santé publique.

Une aide psychologique difficile d’accès

Trouver un psychologue peut prendre des mois, surtout sans moyens financiers. Les consultations sont coûteuses, les délais longs, et beaucoup de jeunes renoncent avant même d’avoir été reçus.

Pourtant, une aide psychologique précoce, bienveillante et accessible pourrait éviter bien des drames. Rendre les soins psychiques gratuits, simples d’accès et sans stigmatisation est une urgence, notamment pour les jeunes les plus précaires.

Une crise du sens, au-delà de la santé mentale

La détresse des jeunes ne dit pas seulement leur fragilité, elle parle de la nôtre.

Elle révèle une société fatiguée, inquiète, où les liens humains se distendent.
Les jeunes sont le miroir de notre époque : s’ils vont mal, c’est souvent parce qu’ils portent le poids de nos contradictions, de nos silences et de nos urgences non réglées.

Alors, que faire ?

  • Écouter vraiment : sans juger, sans minimiser.

  • Redonner du temps et du sens : dans la famille, à l’école, dans les lieux d’accueil.

  • Rendre les soins et l’aide psychologique accessibles à tous, sans barrière financière.

  • Parler collectivement de la santé mentale comme on parle d’alimentation ou de sport : un sujet normal, pas un tabou.

Parce qu’un jeune qui va mal ne cherche pas forcément un diagnostic.

Il cherche d’abord un lien, une main tendue, une présence qui lui dit : “Tu n’es pas seul. Et ce que tu ressens compte.